Recrutement de magistrats : la commission défend un concours conçu et corrigé par IA

Info Plus - La commission chargée du recrutement de quarante magistrats pour le ministère de la Justice a répondu aux recours déposés par les candidats, en défendant à la fois la méthodologie du concours et le recours à l'intelligence artificielle pour concevoir et corriger les épreuves.

Dans une mise au point détaillée relayée par l'agence Al Akhbar, la commission estime que beaucoup de candidats sont tombés dans "le piège de la précipitation", répondant exclusivement selon le rite malékite sans prêter attention à la formulation exacte des questions. Selon elle, l'essentiel des recours portant sur l'épreuve de jurisprudence des transactions résulte d'une lecture superficielle des énoncés.

Des références volontairement distinctes

La commission explique avoir désigné explicitement "le rite malékite" comme référence dans certaines questions, tandis que d'autres renvoyaient au "fiqh islamique", à "la majorité des juristes" ou aux "transactions financières islamiques" sans mention du malékisme, à l'image de la question relative à la dot.

Elle ajoute que "le juge équitable n'est pas excusé de se retrancher derrière un seul rite ou un code juridique local lorsqu'il traite d'affaires exigeant une souplesse jurisprudentielle et juridique".

Des "distracteurs" assumés

Le point le plus discuté concerne la conception des questions. La commission indique qu'elles ont été générées par des systèmes d'intelligence artificielle entraînés par des spécialistes de jurisprudence islamique et de droit, assistés d'experts en évaluation et en technologie éducative.

Elle reconnaît que les énoncés comportaient des "distracteurs" scientifiques et linguistiques d'une grande précision, susceptibles de provoquer une confusion mentale, mais les présente comme "des instruments de mesure délibérés et intentionnels visant à évaluer la vigilance du candidat, sa certitude scientifique et sa capacité à qualifier des faits complexes".

La commission décrit un processus en plusieurs étapes : constitution de comités d'experts en jurisprudence islamique et en droit, entraînement de l'agent d'intelligence artificielle avec des paramètres précis de difficulté et de contenu, puis séries de questions tests ajustées jusqu'à disparition de toute observation négative. Les questions définitives sont ensuite générées sans reprendre aucune question utilisée pendant la phase d'entraînement.

La correction, précise-t-elle, est assurée par un agent d'intelligence artificielle distinct du premier, afin d'éviter toute concordance entre les deux, et les sujets sont exportés vers la plateforme peu avant l'épreuve sans que les comités de conception y aient accès.

Notation négative et environnement technique

La commission défend également le mécanisme de pénalité proportionnelle, c'est-à-dire les points négatifs pour les réponses erronées, qu'elle présente comme un standard international destiné à prévenir la réponse au hasard et la fraude, appliqué à tous les candidats sans exception et déjà utilisé dans les précédents concours numérisés.

Elle affirme avoir vérifié l'intégrité des serveurs, des tablettes et de l'environnement d'examen durant les deux journées d'épreuves, et souligne qu'aucun recours de nature technique n'a été enregistré pendant le déroulement du concours.

La question des diplômés en jurisprudence islamique

Répondant à ce qu'elle qualifie d'allégations erronées sur un préjudice subi par les étudiants et diplômés en jurisprudence islamique, la commission assure qu'aucune injustice ni discrimination n'a visé une catégorie de candidats, le concours ayant conservé les mêmes matières, coefficients et durées que lors des sessions précédentes.

Le seul changement, selon elle, porte sur le passage à un examen électronique sur tablettes et l'adoption du format à choix multiples avec correction automatique. Cette évolution, écrit-elle, "applique une même règle d'évaluation à tous les participants quelles que soient leurs spécialités, et ne vise pas une catégorie plutôt qu'une autre".

La commission conclut que la marge d'erreur possible sur les questions générées selon cette méthodologie est nulle ou très faible, insuffisante en tout cas pour modifier le classement des candidats ou mettre en doute la crédibilité d'un examen exigeant de trancher parmi neuf cents options réparties en soixante questions.