GMC2 : Vers une gestion partagée et transparente des océans entre la Mauritanie, le Maroc et le Sénégal

Le siège de l’Institut mauritanien de Recherches Océanographiques et des Pêches (IMROP) a abrité, mercredi, l’atelier régional de lancement du projet « Intégration des chaînes de valeur des pêcheries marines durables dans l’économie bleue du Grand écosystème marin du Courant des Canaries (CCLME) », plus connu sous l’appellation ”Global Marine Commodities 2 (GMC2)”.

Organisé en présentiel et par visioconférence, l’atelier réunit des délégations gouvernementales de haut niveau, des chercheurs, des représentants du secteur privé et de la société civile de la Mauritanie, du Maroc et du Sénégal. 

Il s’inscrit dans le cadre d’un partenariat entre le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD), le Fonds pour l’environnement mondial (FEM/GEF) et l’organisation ”Sustainable Fisheries Partnershipe” (SFP), afin de soutenir les efforts pour une gestion durable des pêcheries et du développement de l’économie bleue dans la région.

Le secteur de la pêche constitue l’un des principaux piliers de l’économie nationale en raison de sa contribution à la sécurité alimentaire, à la création d’emplois et à l’accroissement de la valeur ajoutée de l’économie, a déclaré à cette occasion, le secrétaire général du ministère de la Pêche, des Infrastructures maritimes et portuaires, M. Sidi Ali Ould Sidi Boubacar.

Le secrétaire général a, également, mis en exergue l’importance particulière de ce projet pour la Mauritanie, compte tenu du rôle stratégique des pêcheries de poulpe et des petits pélagiques dans l’économie maritime nationale. Il a insisté sur la nécessité de préserver durablement ces ressources à travers un partenariat renforcé entre l’administration publique, les institutions de recherche scientifique, le secteur privé et les organisations de la société civile.

De son côté, le directeur général de l’IMROP, M. Mohamed El Hafedh Ould Ejiwen, s’est félicité de l’organisation de cette rencontre régionale en Mauritanie, souhaitant la bienvenue aux délégations participantes et rappelant que la recherche scientifique constitue le fondement de politiques efficaces permettant de protéger les écosystèmes marins et assurer une exploitation rationnelle et durable des ressources halieutiques.

Il a exprimé l’espoir que les travaux de l’atelier débouchent sur des orientations concrètes pour la mise en œuvre du projet au service du développement durable et de la préservation des ressources maritimes communes.

A son tour, la représentante résidente adjointe du PNUD en Mauritanie, Mme Mme Hyewon Jung, a passé en revue les principaux défis auxquels sont confrontés les écosystèmes marins sous l’effet des changements climatiques, rappelant qu’environ un tiers des stocks halieutiques mondiaux subissent une pression liée à une exploitation non durable.

La Mauritanie, le Maroc et le Sénégal partagent un écosystème marin exceptionnel, celui du courant des Canaries, où les petits pélagiques représentent près de 75 % des captures totales et constituent une source essentielle de nourriture et de revenus pour des millions de personnes, a-t-elle ajouté.

Toujours selon elle, le projet « Global Marine Commodities 2 » bénéficie d’un financement de plus de 58 millions de dollars américains, et de l’appui du Fonds pour l’environnement mondial et de ses partenaires. 

Il vise aussi dira-t-elle, à améliorer la gestion de plus de 1,4 million de tonnes de produits halieutiques au profit direct d’environ 374 000 bénéficiaires.

Elle a, également, insisté sur le fait que la durabilité environnementale est indissociable de la justice sociale, appelant à une participation accrue des femmes et des pêcheurs artisanaux afin qu’ils bénéficient pleinement des opportunités offertes par le projet.

La directrice adjointe de la gouvernance des pêches au sein de ‘’Sustainable Fisheries Partnership’’, Mme Cassandra De Young, a, quant à elle, souligné que la transition vers des pêcheries durables exige un partenariat solide avec le secteur privé. 

Elle a appelé à traduire les engagements volontaires des entreprises et des acteurs des chaînes de valeur en mécanismes concrets, mesurables et évaluables, contribuant ainsi à la protection des océans et à la pérennité de leurs ressources.

Le programme de l’atelier prévoit notamment la présentation des résultats de la première phase du projet (GMC1), l’examen de la théorie du changement qui sous-tend la deuxième phase, ainsi que des sessions techniques d’échange d’expériences avec la participation de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), la Banque allemande de développement (KfW), le secteur privé et la société civile, notamment l’Organisation africaine des professionnels de la pêche artisanale (CAOPA).

Les participants examineront, également, les plans d’amélioration des pêcheries du poulpe et des petits pélagiques en Mauritanie, ainsi que ceux de la sardine et de l’anchois au Maroc. 

Des présentations seront consacrées aux scénarios environnementaux et climatiques, ainsi qu’à l’expérience mauritanienne dans la mise en œuvre de l’Initiative pour la transparence dans le secteur de la pêche (FiTI).

La cérémonie d’ouverture s’est déroulée en présence du secrétaire général du ministère de l’Environnement et du Développement durable, au côté de plusieurs responsables, experts, chercheurs et acteurs du secteur de la pêche