Des citoyens ont critiqué les écarts de prix constatés au niveau des foires du Ramadan par rapport aux prix habituels, ainsi que la lenteur de l’organisation au niveau de ces magasins ouverts par le Gouvernement dans la perspective de favoriser l’accès du citoyen à des denrées alimentaires à bon marché.
En effet, les démarches à faire pour obtenir des produits de première nécessité prennent souvent une grande partie de la journée et constituent par conséquent une perte de temps précieux.
Une équipe de l’agence indépendante d’information Alakhbar a visité plusieurs de ces foires et interrogé des citoyens sur les prix plafonds effectivement pratiqués et sur la réponse faite par ces marchés à leurs attentes de baisse des prix durant le mois sacré.
Ces foires ont un impact considérable sur les citoyens et étaient censés contribuer à la baisse des prix, ce qui n'a pas été le cas, a confié Mohamed El-Mokhtar Ould Sid’Ebatt, selon lequel, ceux qui visitent les marchés constatent le contraire de ce qui est présenté dans les médias et supposé satisfaire les attentes des citoyens.
Ould Sidi Ebatt a qualifié la situation de « simple réduction superficielle », disant que les commerçants ont le pouvoir et ne vendent rien sans assurer une marge bénéficiaire. Les commerçants sont devenus puissants au sein de l'appareil État et agissent à leur guise en l'absence de tout contrôle, a-t-il souligné, disant que ce sont finalement les citoyens vulnérables qui en subissent les conséquences.
Mohamed El Mokhtar Ould Sid Abatt a dénoncé ce qu'il considère comme une injustice faite aux citoyens ordinaires, contraints d'acheter ces produits subventionnés en quantité limitée, sans que leurs revenus soient pris en compte. Il a ajouté que s'ils en avaient les moyens, ils ne se rendraient pas à ces foires.
La faible différence de prix de ces produits, conjuguée aux difficultés d'accès, compromet l'objectif initial de proximité des services des citoyens, a-t-il ajouté, disant que cette différence aurait dû être suffisamment substantielle pour inciter à se déplacer.
Les citoyens ordinaires ne tirent aucun profit de ces expositions, a déclaré quant à elle Amina Mint Mohamed Fadel, selon laquelle il n'y avait aucune différence entre ces foires et le marché central.
Elle a même fait remarquer que certains produits, comme les œufs et le sucre, étaient moins chers sur les marchés traditionnels qu’au niveau de ces foires officielles.
Mint Mohamed Fadel a insisté sur le fait que les produits de première nécessité n'étaient pas disponibles au niveau de ces foires, mettant en exergue les obstacles rencontrés à l’achat de ces produits d’une part et les conditions imposées aux citoyens avant d’être servis, d’autre part.
Malgré les coûts de transport et le temps réquis en raison de la surpopulation, la différence de prix proposée par ces foires représente la seule option pour les personnes à faibles revenus, compte tenu de la hausse des prix sur le marché, a précisé pour sa part Salka Mint Mbarek, appelant à déplacer ces marchés publics dans les zones de Tarhil, afin que les habitants puissent en bénéficier sans être contraints de se déplacer loin de chez eux.
Se rendre à ces foires représente un coût important pour les habitants des périphéries de la capitale, d'autant plus que la différence de prix est minime, entre 20 et 30 ouguiyas, souligne quant à elle, Fatimetou Mint El Keïhel.
Les frais du déplacement compense la différence de prix entre les produits sur place et ceux des commerces de proximité, accessibles sans bouger de chez soi, a-t-elle précisé. De plus, elle a déploré le mode de vente de la viande au niveau des foires, jugé insatisfaisant étant donné que ce produit est emballé d’avance et ne laisse par conséquent aucune place au choix.
Les autorités doivent augmenter la différente de prix entre les produits vendus lors de ces foires et ceux des marchés publics, a poursuit Mint El Keihel, soulignant l'urgence de baisser les prix et d'améliorer la qualité des produits proposés.
Le citoyen Ali Ahmed Jali s'est dit surpris par les prix pratiqués, disant préférer faire ses courses dans les commerces de proximité plutôt que de sortir de chez lui.
Ould Ahmed a également été surpris par les prix élevés des produits exposés, y compris les produits locaux, insistant sur la nécessité de prix abordables pour tous.
Le professeur Iyahi Ould Mohamed a constaté pour sa part les longues files d'attente et a plaidé pour une meilleure organisation afin de fluidifier la circulation des clients.